01. Information sur la langue
Famille
Finno-ougrien / Ougrien
Région
Outre le nombre considérable de locuteurs à Vienne, la majorité des Hongrois du Burgenland vivent dans quatre larges enclaves linguistiques:
- Oberpullendorf/Felsöpulya, - Oberwart/Felsöör, - Siget in der Wart/Öriziget - et Unterwart/Alsóör.
Les Hongrois de cette région sont les descendants des Grenzwächter - les surveillants des frontières - qui au XIème siècle avaient été préposés à la garde du territoire contre les invasions mongoles.
De ce fait, ils jouissaient des privilèges octroyés par les rois hongrois. Après les destructions des guerres turques au XVIème siècle, le Burgenland a été repeuplé par des Croates et des Allemands: ainsi, les Hongrois de cette région se sont retrouvés dans des îlots linguistiques et dans une situation d'isolement par rapport aux autres Hongrois. À la fin de la première guerre mondiale, la province a été partagée entre l'Autriche et la Hongrie.
Données actualisées et sourcées, vérifiées le 14 octobre 2026 · périmètre : Autriche (Burgenland, Vienne)
Nombre de locuteurs
Statut
En Autriche, la langue est protégée par les parties II et III (articles 8 à 14) de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires au Burgenland, sur son territoire linguistique défini par la loi sur les groupes ethniques (Volksgruppengesetz)1. Les aides fédérales aux groupes ethniques ont été doublées à partir de 2021 et atteignaient 7,6 millions d'euros en 2023 pour la seule Chancellerie fédérale1.
Services publics
Selon la loi sur les groupes ethniques, le territoire où le hongrois est langue officielle comprend les communes d'Oberpullendorf/Felsőpulya, Oberwart/Felsőőr et Unterwart/Alsóőr, ainsi que la localité de Siget in der Wart/Őrisziget1.
Enseignement
La loi sur les écoles des minorités du Burgenland permet à chaque élève de recevoir un enseignement en hongrois1. En 2023-2024, environ 11 % des élèves des écoles primaires du Burgenland (1 258 élèves) recevaient un enseignement en hongrois, contre 1,8 % (225) en 1995-1996 ; cet enseignement était dispensé dans des écoles de 52 communes, bien au-delà du territoire officiel1. 555 enfants étaient accueillis en hongrois dans les établissements de petite enfance en 2023-20241.
Médias
Depuis septembre 2022, l'ORF produit le magazine télévisé bimensuel « WIR | Češi, Hrvati, Magyarok, Roma, Slováci, Slovenci », diffusé sur ORF 2 et ORF III dans les langues des groupes ethniques avec sous-titres allemands ; en 2024, l'ORF Burgenland et l'ORF Carinthie ont produit environ 100 heures de télévision et plus de 4 000 heures de radio dans ces langues1. Depuis 2021, un « média de référence » par groupe ethnique bénéficie d'une aide fédérale spécifique1. Pour les Hongrois, ce média de référence est la plateforme en ligne Rólunk – Ausztria Magyar Oldalai ; l'ORF Burgenland produit plus de trois heures de radio en hongrois par semaine et diffuse six fois par an le magazine télévisé Adj' Isten magyarok1.
Sources
- 6. Bericht der Republik Österreich gemäß Artikel 15 Absatz 1 der Europäischen Charta der Regional- oder Minderheitensprachen (état au 1er octobre 2025), Bundeskanzleramt (Chancellerie fédérale d'Autriche), 2025.
02. Poème
03. Description linguistique
Langue officielle de la République hongroise, le hongrois est la 12e des langues officielles européennes. Une quinzaine de millions de locuteurs le parlent comme langue maternelle, et approximativement 2 millions en tant que seconde langue. Il serait le 30-35e des langues parlées par 0, 3 % de la population dans le monde entier. Des minorités hongroises vivent dans les pays limitrophes de la Hongrie, dans les pays de l'Europe de l'Ouest, ainsi qu'aux États-Unis, au Canada, en Australie et même en Afrique du Sud.
En 2000, le hongrois en tant que discipline, a été sujet d'apprentissage en 36 universités des 21 pays.
Le hongrois ne fait pas partie de la famille des langues indo-européennes; il n'est pas apparenté aux langues germaniques, romanes et slaves non plus. C'est une langue finno-ougrienne. D'ailleurs, ses liens de parenté se trouvent en dehors de son entourage géographique: le finnois et l'estonien, en Europe, ainsi que plusieurs autres langues du territoire de la Russie. Ces langues, de même que les langues samoyèdes parlées avant tout en Sibérie, constituent la famille des langues ouraliennes. (En ordre d'éloignement par rapport à l'hongrois : Vogoule, Ostiak, Votyak, Mari, Mordve, Sami, Nenet, etc.) Les parentés linguistiques desdites langues révèlent des similarités évidentes toujours subsistentes, toutefois les hungarophones ne sont pas capables de comprendre les locuteurs des autres langues de leur famille sans un apprentissage particulier, quoique le fonds de son vocabulaire soit très vieux. Des verbes exprimant des actions de base (lesz/être, élni/vivre, enni/manger, menni/aller, etc.) dénommant les parties du corps (szív/coeur, kéz/main, száj/bouche, etc.), les objets ou des phénomènes de la nature (fa/arbre, hal/poisson, víz/eau, hó/neige, ég/ciel, etc.) les mots relatant de l'orientation dans l'espace et dans le temps (alatt/sous, mögött/derrière, etc.), ainsi que les numéros de base (kettõ/deux, négy/quatre, száz/cent) et les pronoms (ki/qui, mi/que, ez/ceci, az/cela, én/moi, etc.) nous proviennent effectivement de ce fond.
Les mots empruntés ultérieurement proviennent des langues européennes plus connues. (Mots d'origine slave : király /roi, megye/comitat, pap/curé, etc.; mots d'origine latine : templom/église, mise/messe, iskola/école, etc.; mots d'origine allemande : püspök/évêque, csap/robinet, etc.)
La langue hongroise a une longue tradition littéraire écrite qui débute par la période du vieux hongrois, allant de la conquête du pays (896), respectivement la fondation de l'État et conversion à la chrétienneté sous le roi Saint-Étienne et jusqu'en 1526 (date de la défaite de Mohács). Cet événement fatal pour le royaume européen jusqu'alors fort et capable de résister aux attaques ottomanes intenses, provoque la division du pays en trois parties : le sud avec la capitale sous domination turque, l'ouest et le nord sous celle de l'Autriche; ce n'est que la Transylvanie et ses alentours qui gardent une relative indépendance. De cette division, de même que suite à l'extension de l'imprimerie, des traductions de la Bible protestante et catholique, résultent la création des centres régionaux de la culture et de la langue hongroises, dont les vecteurs identitaires sont évidents même de nos jours.
Le premier texte écrit contenant des mots en hongrois est la lettre de fondation de l'Abbaye de Tihany de 1055. Le premier texte entièrement écrit en hongrois (L'oraison funèbre) date de la fin du 12e siècle, tandis que le premier poème, Lamentation de Marie, du début du 13e siècle. La littérature hongroise de la renaissance est fortement marquée par l'oeuvre poétique de l'humaniste d'envergure européenne, Bálint Balassi.
Les luttes pour la réunification et l'indépendance du pays marque la période du moyen hongrois (fin XVIIIe siècle). Le contexte des Lumières et de la Période des Réformes coïncident avec un événement linguistique : la réforme de la langue hongroise. Les oeuvres des auteurs éminents du XIXe ( poètes : Mihály CSOKONAI VITÉZ, Ferenc KÖLCSEY, Mihály VÖRÖSMARTY, de même que Sándor PETÖFI ou János ARANY; et des écrivains comme Mór JÓKAI, Kálmán MIKSZÁTH) ont favorisé la formation du hongrois littéraire standard.
L'afflux des mots étrangers n'était pas toujours encouragé par les adeptes des réformes linguistiques. Toutefois, un pourcentage considérable de néologismes, parvenus surtout de l'anglais sont présents dans le hongrois contemporain.
Acoustiquement le hongrois se caractérise par l'accent sur la syllabe initiale. Son harmonie vocalique est assurée par des lois spécifiques, comme par exemple le manque de corrélation entre la longueur des voyelles et l'accent.
Typologiquement, le hongrois est aggloutinante : ses relations grammaticales s'expriment à l'aide des suffixes reliés au radical. Quoique les mots en peuvent apparaître trop longs, cette carctéristique assure l'expression des nuances de signification subtile.
Pas de genre grammatical; les articles et épithètes ne se déclinent pas. L'opposition de la triple-direction des suffixes de cas de lieu assure à la langue une modalité d'expression complexe. Le verbe habeo n'y est pas connu; d'ailleurs le hongrois a peu de temps verbaux (présent; passé; futur). Il est une langue du type SOV ( Sujet-Objet-prédicat/Verbe).
La langue hongroise est apte à la versification classique, toute aussi qu'à la versification accentuée.
Le vocabulaire du hongrois est estimé à plus qu'un million de mots.
04. Dessin animé
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