01. Information sur la langue
Famille
Indo-européenne / Celtique
Région
Le breton est surtout parlé dans sa zone historique à l'ouest, c'est à dire dans l'ensemble du département du Finistère ainsi que les parties occidentales des Côtes d'Armor et du Morbihan. Des bretonnants sont également installés dans les villes de Haute-Bretagne, notamment Rennes et Nantes ainsi qu'à Paris.
Le breton appartient à la branche brittonique du celtique insulaire. La branche continentale (gaulois, galate, etc.) est aujourd'hui éteinte. En tant que langue brittonique, le breton est proche du gallois et du cornique. La langue bretonne est également parente plus éloignée du gaélique d'Ecosse, du manois et de l'irlandais, mais l'intercompréhension n'est pas possible. Les Bretons ont quitté le Pays de Galles et sont venus s'installer en Bretagne entre le IIIe et le VIe siècle de notre ère. le breton et le gallois ne sont devenus des langues vraiment distinctes qu'à partir du XVIe siècle.
Données actualisées et sourcées, vérifiées le 14 octobre 2026 · périmètre : France (Bretagne historique : Région Bretagne et Loire-Atlantique)
Nombre de locuteurs
Selon le dernier sondage commandé par la Région Bretagne, réalisé en 2024, le breton compte environ 107 000 locuteurs1.
L'Office public de la langue bretonne affiche encore l'estimation tirée de l'enquête de 2018 : 225 000 locuteurs actifs et 125 000 locuteurs passifs de plus de 2 ans3. Selon cette enquête de 2018, 78 % des locuteurs avaient plus de 60 ans4.
L'UNESCO classe le breton parmi les langues « sérieusement en danger »1,4.
Statut
La Constitution dispose que « la langue de la République est le français » (art. 2) et que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France » (art. 75-1)8. La France a signé la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires le 7 mai 1999, mais le Conseil constitutionnel a jugé qu'elle comportait des clauses contraires à la Constitution11. La loi n° 2021-641 du 21 mai 2021 inscrit les langues régionales dans le patrimoine linguistique protégé par le Code du patrimoine9 ; le Conseil constitutionnel en a censuré deux articles, sur l'enseignement immersif et sur les signes diacritiques dans l'état civil10.
Le breton n'a pas de statut législatif propre ; l'OPLB le présente comme la seule langue celtique dans ce cas4. L'État et la Région Bretagne sont liés par une « convention spécifique pour la transmission des langues de Bretagne et le développement de leur usage dans la vie quotidienne » pour 2022-20271, dont l'objectif principal est d'atteindre 30 000 élèves bilingues2. La Région s'est dotée d'un plan de politique linguistique en 2004, actualisé en 2012 puis en 2024 ; le Finistère a adopté un schéma linguistique en 2016, renouvelé en 20234.
Services publics
La loi de 2021 permet aux services publics d'afficher des traductions en langue régionale sur les bâtiments publics, les voies, les infrastructures de transport et leurs principaux supports de communication9. En revanche, le Conseil constitutionnel a jugé contraire à l'article 2 de la Constitution une disposition qui reconnaissait aux particuliers un droit à l'usage d'une autre langue que le français dans leurs relations avec les administrations10.
Dans le Finistère, le Morbihan et l'ouest des Côtes-d'Armor, la signalisation directionnelle est systématiquement bilingue ; les communes ont aussi rendu bilingues panneaux d'agglomération, plaques de rue, sites internet et autres supports4. L'action de la Région en faveur de la langue touche notamment les transports TER, le tourisme et les bâtiments publics4.
Enseignement
À la rentrée 2025, 19 978 élèves étaient scolarisés en filière bilingue (11 152 dans le public, 5 126 dans l'enseignement catholique, 3 700 chez Diwan), dans 702 établissements et 215 communes3. C'est la première baisse des effectifs (302 élèves de moins) en 48 ans d'enseignement bilingue ; seule la filière publique progresse5. Par ailleurs, 4 044 élèves des filières monolingues suivaient des cours de breton dans le secondaire (rentrée 2025) et 7 382 écoliers une initiation en primaire (rentrée 2024) ; 857 étudiants suivaient des cours de breton à l'université, dont 198 dans le cursus « langue bretonne »3.
Selon le ministère de l'Éducation nationale, le nombre d'élèves suivant un enseignement de breton, toutes modalités confondues, est passé de 15 351 en 2020 à 26 230 en 2023, dans près de 1 100 classes2.
Adultes (2025) : 17 379 apprenants sur la plateforme Desketa, 3 130 en cours hebdomadaires et 357 en formations intensives de 3 ou 6 mois3.
Médias
Télévision : des émissions en breton sont diffusées depuis plus de 40 ans sur France 3 ; les chaînes locales Tébéo, TébéSud et TVR en proposent aussi, ainsi que la télévision en ligne Brezhoweb6.
Radio : les stations locales de France Bleu (aujourd'hui ICI) diffusent des émissions en breton depuis 1982 ; les radios associatives mutualisent leurs programmes par l'intermédiaire de Brudañ ha Skignañ6.
Presse : le mensuel Bremañ paraît depuis le début des années 1980 et l'hebdomadaire Ya ! depuis le milieu des années 20006. Dans le cadre du Plan de réappropriation des langues de Bretagne 2024-2027, la Région a confié à l'OPLB la création du portail Kleweled.bzh, qui rassemble l'offre audiovisuelle en breton6.
Sources
- Dossier de presse « Mois du breton 2025 », Université de Bretagne occidentale (UBO), 2025.
- Question écrite n° 5721 « Application des engagements de l'État pour l'enseignement du breton » et réponse du ministère de l'Éducation nationale (JO du 16 décembre 2025, p. 10291), Assemblée nationale, 17e législature, 2025.
- Les chiffres clés de la langue bretonne, Office public de la langue bretonne (OPLB), consulté en 2026.
- Situation sociolinguistique, Office public de la langue bretonne (OPLB), consulté en 2026.
- L'enseignement bilingue en 2025, Office public de la langue bretonne (OPLB), Observatoire des pratiques linguistiques, 2025.
- Media, Office public de la langue bretonne (OPLB), consulté en 2026.
- Ya d'ar brezhoneg, Office public de la langue bretonne (OPLB), consulté en 2026.
- Constitution du 4 octobre 1958 (texte intégral en vigueur), Conseil constitutionnel, consulté en 2026.
- Loi n° 2021-641 du 21 mai 2021 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion (texte publié au JO n° 119 du 23 mai 2021, reproduit dans le recueil des travaux préparatoires), Légifrance ; ministère de la Culture, 2021.
- Décision n° 2021-818 DC du 21 mai 2021, Conseil constitutionnel, 2021.
- Décision n° 99-412 DC du 15 juin 1999 — Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, Conseil constitutionnel, 1999.
02. Poème
03. Description linguistique
Le breton est de nos jour parlé par plus de 300 000, en général en famille ou entre amis, même s'il est de plus en plus courant d'entendre du breton dans la rue et que sa place dans la vie publique grandit peu à peu.
Le breton appartient à la famille celtique et est très proche du gallois et du cornique (branche brittonique). Les marins gallois et bretons se comprenaient sans problème jusqu'au XVIe siècle et le cornique reste une langue très facile à comprendre pour un brittophone.
| Breton | Gallois | Français |
|---|---|---|
| yezh | iaith | langue |
| vi | wy | oeuf |
| dour | dwr | eau |
Le breton est également cousin de l'irlandais et du gaélique d'Ecosse (branche goïdelique), mais seuls quelques mots sont toujours commun aux deux groupes de langues celtiques :
| Breton | Irlandais | Français |
|---|---|---|
| amann | im | beurre |
| ti | tigh | maison |
| mad | math | bon |
La mélodie de la langue, avec son accentuation régulière sur l'avant dernière syllabe et la fréquence du son graphié c'h (prononcé plus ou moins comme la jota espagnole ou le ch allemand de doch) la rendent facilement identifiable.
Si l'on se lance dans l'apprentissage de la langue, la difficulté principale, typique des langues celtiques, est le phénomène appelé mutation ; la première consonne d'un mot breton varie en fonction de sa position grammaticale. Ainsi, par exemple :
| mot isolé | mot dans un autre contexte |
|---|---|
| Gortoz (attendre) | c'hortoz (en attendant) |
| Kemper (Quimper¹) | Da Gemper (à Quimper) |
| Tad (père²) | Ma zad (mon père) |
La recherche des mots dans un dictionnaire peut donc être quelque peu délicate si l'on ne maitrise pas les quelques règles de mutation !
Quelques mots de breton
| Breton | Français |
|---|---|
| Mont a ra ? | Comment ça va ? |
| Kenavo, d'ar wech all | Au revoir, à la prochaine |
| Komz a rez brezhoneg, galleg, saozneg, svedeg ? | Parlez-vous breton, français, anglais, suédois ? |
| Pelec'h emañ an aodoù ? | Où est la plage ? |
| Pellgomz a c'hellit d'am zi-bank e Bro-Saoz ? | Pourriez-vous appeler ma banque en Angleterre ? |
| Hañv e vez e Breizh pa vez tomm ar glav ! | C'est l'été en bretagne quand la pluie est chaude ! |
| Ur c'harr-tan nevez eo ! Met me gav din ez eus un trouz iskis gant ar c'heflusker... | C'est une voiture neuve, mais il y a un bruit bizarre dans le moteur... |
04. Dessin animé
Vidéo hébergée sur YouTube et publiée par la chaîne indiquée ; elle peut être retirée à tout moment par son auteur.